DIRECTIVE "RETOUR"
REPONSE DU MINISTRE
DE L'IMMIGRATION, DE
L'INTEGRATION, DE L'IDENTITE
NATIONALE ET DU DEVELOPPEMENT
SOLIDAIRE, M. BRICE
HORTEFEUX,
A UNE QUESTION D'ACTUALITE
A L'ASSEMBLEE NATIONALE
(Paris,
17 juin 2008)
Monsieur
le Député,
votre question est très
utile, car elle permet
de rappeler ce que l'Europe
peut décider
et ce que la France
veut appliquer.
Ce
projet de directive
comporte trois points.
Le
premier point concerne
la durée de maintien
dans les centres de
rétention des
immigrés irréguliers.
Aujourd'hui, dans sept
pays d'Europe, cette
durée est illimitée.
Le projet de directive
vise à ramener
à dix-huit mois
la durée maximale.
Pour la France, je vous
l'indique très
clairement, il n'est
pas question de modifier
la durée maximale,
qui est de trente-deux
jours, durée
moyenne effective qui
est en réalité
limitée à
douze jours.
Le
deuxième point
traite la situation
des immigrés
en situation irrégulière
reconduits dans le pays
d'origine auxquels serait
opposée une interdiction
de retour de cinq ans.
Avec Bernard Kouchner
et Jean-Pierre Jouyet,
nous avons négocié
et obtenu que cette
durée puisse
être diminuée,
voire supprimée.
Je le dis sans détour
: la France n'est pas
favorable à des
politiques de bannissement.
Le
troisième point
est relatif aux enfants
mineurs sans papiers
isolés. La France
estime qu'il n'est pas
possible de les renvoyer
dans leur pays d'origine.
Néanmoins, certains
pays pratiquent ce renvoi
et le projet de directive
vise à atténuer
cette possibilité
en demandant des garanties.
Mais, là non
plus, cela ne change
rien pour la France.
Je
précise que ce
projet remonte à
2005, donc qu'il n'est
pas récent, que
c'est une initiative
de la Commission européenne,
et qu'il a été
adopté par tous
les chefs d'Etat et
de gouvernement en Conseil
européen, quelles
que soient leur couleur
politique, leur sensibilité
ou leur philosophie.
Aujourd'hui
en discussion au Parlement
européen, le
texte sera mis aux voix
demain en première
lecture. J'insiste sur
le fait que son adoption
ne changerait en rien
la politique protectrice,
équilibrée,
ferme et juste que le
gouvernement mène
en matière d'immigration./.
(Source
: site Internet de l'Assemblée
nationale)